Sécurité, gouvernance rebelle et formation de l’État au Kivu, République Démocratique du Congo (2004 – 2013)

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Etat: Public
Version: Après imprimatur
ID Serval
serval:BIB_8E5A42107737
Type
Thèse: thèse de doctorat.
Collection
Publications
Titre
Sécurité, gouvernance rebelle et formation de l’État au Kivu, République Démocratique du Congo (2004 – 2013)
Auteur(s)
Mathé Guilain
Directeur(s)
Graz Jean-Christophe
Codirecteur(s)
Péclard Didier
Détails de l'institution
Université de Lausanne, Faculté des sciences sociales et politiques
Statut éditorial
Acceptée
Date de publication
2018
Langue
français
Résumé
This thesis explores the political significance of rebel governance on state formation in the context of civil wars in the aftermath of the Cold War. It is based on an in-depth case study of security provision by Congolese rebels of the National Congress for the Defence of the People (CNDP) that emerged in the Kivu region during the post-conflict transition in 2004, and which turned into the Movement of March 23rd (M23) in 2012. The study of security governance on the rebel territory raises complex issues that are both theoretical, methodological and political. These issues relate to the trends towards the depoliticization of civil wars in mainstream approaches since the 1990s; ethical challenges of ethnographic research on sensitive security objects; as well as the marginalization of rebel governance institutions in the implementation of peacebuilding programs. Relying on critical approaches in international relations (peace and security studies), this thesis suggests a heuristic framework for analyzing the relationship between civil wars and state formation today, which is inspired by the concept of state autonomy that fed the scholarship debate between the first and the second waves of the Neo-Weberian Historical Sociology: negotiating state autonomy under rebellion. Based on this heuristic framework, this thesis defends the idea that rebel governance is a dynamic and partially undetermined process of negotiating the state autonomy shaped by the imbrication of domestic and inter/transnational issues at stake (multispatiality); involving a multiplicity of social forces, both military, political, economic and ideological (multicausality); and impacting the institutionalization of power relations at both the domestic and inter/transnational levels (dual reflexivity). The analysis is based on a multiplicity of sources, mainly the ethnographic observation of the factors and actors influencing security dynamics on the rebel territory; semi-structured interviews with rebels and civilians; as well as the consultation of the reports of the UN mission and the UN Panel of experts on the DRC.
Cette thèse explore les implications politiques de la gouvernance rebelle sur la formation de l’État dans le contexte des guerres civiles de la période post-Guerre froide. Elle est basée sur une étude de cas approfondie de la fourniture de la sécurité par les rebelles congolais du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), apparu en 2004 dans la région du Kivu en pleine transition post-conflictuelle et qui s’est transformé en Mouvement du 23 mars (M23) en 2012. L’étude de la gouvernance de la sécurité sur le territoire rebelle soulève des enjeux complexes qui sont à la fois théoriques, méthodologiques et politiques. Ceux-ci portent à la fois sur la tendance à la dépolitisation des guerres civiles d’après les années 1990 dans les approches dominantes ; les défis de l’éthique de la recherche ethnographique sur des objets de sécurité sensibles ; ainsi que la marginalisation des institutions de gouvernance rebelle dans la mise en œuvre des programmes de consolidation de la paix. S’inscrivant dans la suite des études critiques des relations internationales (études de paix et de sécurité), cette thèse suggère un cadre heuristique pour analyser les rapports entre guerres civiles et formation de l’État aujourd’hui, lequel cadre s’inspire du concept d’autonomie de l’État qui a nourri le débat entre la première et la deuxième vague de la sociologie historique néo-wébérienne : la négociation de l’autonomie de l’État sous la rébellion. En se fondant sur ce cadre heuristique, cette thèse défend l’idée que la gouvernance rebelle est un processus dynamique et partiellement indéterminé de négociation de l’autonomie de l’État façonné par l’imbrication des enjeux domestiques, inter- et transnationaux (multispatialité) ; impliquant une multiplicité des forces sociales, à la fois militaires, politiques, économiques et idéologiques (multicausalité) ; et impactant l’institutionnalisation des rapports de pouvoir aux niveaux domestique ainsi que inter- et transnational (réflexivité duelle). L’analyse repose sur une multiplicité de sources incluant principalement l’observation ethnographique des facteurs et des acteurs des dynamiques sécuritaires sur le territoire rebelle ; la réalisation des entretiens semi-structurés avec les rebelles et les civils ; et la consultation des rapports de la mission onusienne et du Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC.
Création de la notice
16/02/2018 18:07
Dernière modification de la notice
20/08/2019 14:52
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