« Psychiatrie et désobéissance : écrire à l'asile : la France, la Grande-Bretagne et l'exception écossaise (XIXe siècle) »

Détails

ID Serval
serval:BIB_F037032CDEB6
Type
Partie de livre
Sous-type
Chapitre: chapitre ou section
Collection
Publications
Titre
« Psychiatrie et désobéissance : écrire à l'asile : la France, la Grande-Bretagne et l'exception écossaise (XIXe siècle) »
Titre du livre
Enfermements II. Règles et dérèglements en milieux clos (IVe-XIXe siècle)
Auteur(s)
Fauvel Aude
Editeur
Presses Universitaire de la Sorbonne
ISBN
9782859449247
Statut éditorial
Publié
Date de publication
2015
Editeur scientifique
Bretschneider Falk, Claustre Julie, Heulant-Donat Isabelle
Pages
393-407
Langue
français
Résumé
(ENGLISH VERSION BELOW)
Un siècle avant les anti-psychiatres, les anti-aliénistes s'interrogeaient déjà sur la nature de la médecine mentale, étonnés de ce que les fous ne semblaient pas guérir dans les asiles, Et, plutôt que d'entendre les aliénistes, ils cherchèrent alors les aliénés, jugeant qu'il fallait les écouter pour y voir plus clair. Or autant les historiens se sont intéressés au « pouvoir psychiatrique », autant cette question du désordre psychiatrique et de la désobéissance des patients a moins attiré l'attention. C'est donc la notion de dérèglement asilaire que cette contribution vise inversement à éclairer, explorant d'abord les éléments communs de la contestation anti-aliéniste dans les pays leaders du XIXe siècle en matière psychiatrique (la France et la Grande-Bretagne) et s'attardant ensuite sur le cas de l'Écosse. Car au lieu de rejeter les critiques comme leurs confrères, les médecins écossais choisirent plutôt d'écouter et allèrent même jusqu'à diffuser des journaux écrits par leurs malades. La psychiatrie prit alors un autre visage en Écosse, les médecins finissant par y penser que l'asile devait être un espace thérapeutique à définir avec les patients, un espace qu'il fallait ouvrir aussi, un tiers des malades écossais faisant déjà l'objet d'une prise en charge hors les murs en 1870. Le cas écossais montre ainsi que la transformation de l'asile en « institution totale » n'était pas inéluctable et qu'il y eut, parfois, de la place pour le dérèglement d'une certaine parole aliénée.
(Dis)obeying the Asylum: the 'Mad Journalists' of Scotland
One century before the surge of anti-psychiatry, British and French anti-alienists of the 1860s were already questioning the nature of the medicine for the mind. Seeing that the creation of state-funded asylums had in fact led to the increase of mental cases, these challengers pondered the relevance of the system. To get another perspective, they thus decided to listen to the other actors of the asylum: the patients. Yet, if many historians have studied the « psychiatric power », few have investigated this aspect and sought to examine how patients might have contravened said power in the past. This article therefore aims at exploring this issue of asylum disorders and patients' disobedience, by shedding light on the 19th century anti-alienist battles that took place in Britain and France, and then focusing on the case of Scotland. For contrarily to their colleagues, Scottish alienists did not reject critics; they chose to hear them and even went so far as to edit newspapers, where the mad could vent to the public. Not surprisingly then, psychiatry took another turn in Scotland, where alienists began to associate patients to the definition of their treatments and allowed them, whenever possible, to leave asylums, one third of Scottish patients being already treated 'outdoor' in the 1870s. The Scottish case thus shows that asylums were not necessarily fated to become « total institutions », at least not when physicians agreed to leave some room for the disorder of mad voices.
Mots-clé
histoire, psychiatrie, littérature, patients, journaux, art, folie, Ecosse, 19e siècle
Création de la notice
20/10/2016 18:00
Dernière modification de la notice
20/08/2019 17:18
Données d'usage