L'expérience esthétique à l'épreuve des valeurs de la nature: vers une esthétique environnementale intégrale

Détails

ID Serval
serval:BIB_D2099B6FDD1E
Type
Article: article d'un périodique ou d'un magazine.
Collection
Publications
Titre
L'expérience esthétique à l'épreuve des valeurs de la nature: vers une esthétique environnementale intégrale
Périodique
La Pensée écologique
Auteur(s)
Hess G.
ISSN
2558-1465 (Online)
Statut éditorial
Publié
Date de publication
02/02/2018
Peer-reviewed
Oui
Volume
2
Numéro
1
Pages
NA
Langue
français
Résumé
Grâce aux travaux du philosophe Allan Carlson notamment, l’esthétique environnementale est devenue aujourd’hui un champ de la réflexion philosophique qui s’est clairement émancipé de l’esthétique artistique aussi bien que d’une conception subjectiviste de l’esthétique. Dans cet article je questionne d’abord le modèle cognitiviste de Carlson dans une perspective anthropologique et épistémologique, afin de monter que la beauté de la nature, fût-elle épistémiquement objective, est insuffisante pour servir un argumentaire en faveur d’une protection de l’environnement. Je suggère que ce modèle doit être corrigé ou complété par une approche en 1èrepersonne, comme celle que propose la phénoménologie. Aussi bien l’esthétique de l’engagement d’Arnold Berleant qu’une esthétique de la médiance, inspirée de l’œuvre du géographe Augustin Berque, invitent à dépasser le dualisme épistémologique encore sous-jacent à l’esthétique objectiviste de Carlson. La perspective phénoménologique conduit finalement à revisiter l’esthétique acentrique du détachement de Stan Godlovitch. Le détachement ne signifie pas nécessairement un point de vue extérieur au monde ; on peut être détaché de l’intérieur du monde en étant au plus près de la présence de la nature elle-même. Une esthétique environnementale au service de la protection de l’environnement doit être une esthétique intégrale : elle doit recourir non seulement à la beauté de la nature dans une attitude de désintéressement, mais encore à son « habitabilité » dans une attitude d’engagement et à son mystère dans une attitude de détachement.
With the work of philosopher Allan Carlson in particular, environmental aesthetics has become a field of philosophical reflection emancipated from aesthetics of arts as well as from a subjectivist conception of aesthetics. In this paper I first question Carlson’s cognitivist model of environmental aesthetic from an anthropological and epistemological point of view, in order to ascertain that the beauty of nature, even if it is epistemically objective, is not sufficient as an argument for the protection of nature. I suggest that this model must be corrected or supplemented by a first-person approach, like phenomenology. Arnold Berleant’s aesthtetics of engagement or aesthetics of “mediance”, inspired by the work of the French geographer Augustin Berque, invites to go beyond the epistemological dualism still underlying Carlson’s objectivist aesthetics. The phenomenological perspective leads at the end to revisit Stan Godlovitch’s model of acentric aesthetics. Aloofness means not necessary to be outside the world; one can be detached from inside the world in being closer to the presence of nature itself. Environmental aesthetics in the service of the protection of the environment must be an integral aesthetics: it must not only refer to the beauty of nature in an attitude of disinterestedness, but also to its “habitability” in an attitude of engagement and to its mystery in an attitude of aloofness .
Mots-clé
Berleant, Carlson, Godlovitch, esthétique, phénoménologie, beauté, habitabilité, mystère, désintéressement, engagement, détachement, aesthetics, phenomenology, beauty, inability, mystery, disinterestedness, engagement, aloofness
Création de la notice
03/08/2018 15:31
Dernière modification de la notice
10/11/2018 7:11
Données d'usage