Monitoring rationnel des métanéphrines dans le suivi des patients avec prédisposition au phéochromocytome

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ID Serval
serval:BIB_A4C31B3F8D25
Type
Mémoire
Sous-type
(Mémoire de) maîtrise (master)
Collection
Publications
Titre
Monitoring rationnel des métanéphrines dans le suivi des patients avec prédisposition au phéochromocytome
Auteur(s)
BAMMATTER L.
Directeur(s)
GROUZMANN E.
Codirecteur(s)
BUCLIN T.
Institution
Université de Lausanne, Faculté de biologie et médecine
Statut éditorial
Acceptée
Date de publication
2016
Langue
français
Nombre de pages
30
Résumé
RÉSUMÉ (Abstract)
Contexte : Les métanéphrines, produits de dégradation des catécholamines, sont des biomarqueurs de choix dans le diagnostic du phéochromocytome (PHEO) et du paragangliome (PGL). Ces tumeurs neuroendocrines ont une incidence rare dans la population générale et sont fréquemment associées à certaines endocrinopathies familiales (néoplasies endocriniennes multiples de type 2 MEN2, maladie de von Hippel-Lindau VHL, neurofibromatose de type 1 NF1, syndromes des PGL héréditaires SDH). Ces patients relèvent donc d’un suivi biologique régulier pour détecter le développement d’une tumeur ou d’une récidive.
Objectif : Le laboratoire des catécholamines du CHUV a accumulé depuis 2008 des résultats de dosages répétés en métanéphrines (plasmatiques et urinaires) accompagnés de certaines données cliniques de plus de 2000 patients à travers la Suisse pour détecter le développement d’une tumeur ou d’une récidive.
Le but de ce travail est d’identifier et caractériser, parmi cette liste, les patients prédisposés génétiquement au PHEO et/ou PGL, afin d’analyser cette série de cas suivis par des dosages répétés de métanéphrines et d’en établir les profils d’évolution biologique.
Méthode : Une base de données a été créée en sélectionnant les patients identifiés comme étant formellement prédisposés au PHEO et/ou PGL. Ces patients ont été répartis par catégories génétiques distinctes. Les informations cliniques en termes d’opérations, imageries, tailles tumorales, anamnèses familiales et génétiques ont été complétées. Les dosages biologiques archivés et/ou manquants ont été ajoutés, de même que les nouvelles analyses pour 2015. Des profils d’évolution graphiques des métanéphrines plasmatiques et si possible urinaires ont été créés pour chaque patients, afin d’être comparés entre eux.
Résultats : 73 patients prédisposés génétiquement au PHEO et/ou PGL ont été identifiés : 36 patients MEN2, 19 VHL, 15 SDH, 2 NF1 et 1 patient avec triade de Carney. L’âge médian est de 36.9 ans (minimum 10.4 ans ; maximum 73.9 ans). La répartition par sexe est symétrique (37 femmes et 36 hommes).
La moitié (51 %) des patients ont été opérés pour un PHEO et/ou PGL. Plus du tiers (41 %) des patients opérés ont été réopérés pour une récidive tumorale, en moyenne 8.7 ans après la première opération (minimum 2 mois ; maximum 30 ans). L’âge moyen lors de la première opération pour un PHEO et/ou PGL est de 30.4 ans (DS 11.6 ans). Les patients VHL sont opérés plus jeunes, à un âge moyen de 23.4 ans (DS 9.6 ans), suivi des patients SDH à 26.6 ans (DS 11.5 ans), des patients MEN2 à 34.4 ans (DS 10.7 ans), le patient avec triade de Carney à 37 ans et les patients NF1 à 41.3 ans (DS 15.3 ans). Le délai entre l’opération et la mise en évidence tumorale par radiologie est en moyenne de 2.7 mois (DS 1.7 mois).
Le diamètre tumoral maximal moyen est de 4.1 cm (DS 2.2 cm). Les patients VHL présentent des PHEO et/ou PGL plus petits, avec un diamètre tumoral maximal moyen de 3.0 cm (DS 2.0 cm), suivi des patients MEN2 avec 4.1 cm (DS 1.9 cm), du patient avec triade de Carney à 4.3 cm, des patients SDH à 4.9 cm (DS 2.4 cm) et des patients NF1 à 7.3 cm (DS 3.2 cm).
L’âge de survenue tumorale des patients MEN2 semble pouvoir varier considérablement selon le type de mutation spécifique.
Un profil d’évolution des métanéphrines plasmatiques a été obtenu pour chaque patient et également un profil des métanéphrines urinaires pour 20 d’entre eux. Le suivi biologique maximum observé est de 13 ans (2003 à 2015).
Les graphiques obtenus montrent que la MN (métanéphrine) libre plasmatique pour les patients MEN2, la NMN (normétanéphrine) libre plasmatique pour les patients VHL et la combinaison de la NMN libre avec la MT (3-méthoxythyramine) libre plasmatiques pour les patients SDH semblent être les biomarqueurs respectifs de choix pour le suivi biologique de ces patients. Il n’est par contre pas possible de tirer une conclusion pour les sujets NF1 et avec triade de Carney, par manque de valeurs biologiques suffisantes.
Les profils d’évolution des métanéphrines urinaires ne sont pas assez nombreux pour en tirer un constat objectif. Ils offrent néanmoins un aperçu de suivi pour 20 patients.
Conclusion : Ce travail a permis d’étudier et mieux comprendre ces catégories particulières de patients prédisposés au PHEO et/ou PGL en Suisse, avec un suivi des métanéphrines sur plusieurs années. Les résultats obtenus pourront servir de base de travail pour élaborer un monitoring rationnel des métanéphrines libres plasmatiques, en se focalisant sur la MN chez les patients MEN2, la NMN chez les patients VHL et la combinaison de la NMN avec la MT pour les sujets SDH.
Le type de mutation génétique spécifique de chaque patient devrait probablement être pris en considération à l’avenir pour ajuster ce monitoring, en lien avec l’âge et la cinétique de survenue tumorale.
Mots-clé
métanéphrines, monitoring, paragangliome, phéochromocytome, prédisposition
Création de la notice
05/09/2017 16:22
Dernière modification de la notice
31/08/2018 7:08
Données d'usage