Négocier l'accès, la propriété et l'autorité publique en marge de la ville. Enjeux fonciers à Niamey et production d'Etat au Niger

Détails

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ID Serval
serval:BIB_81793C68F5E2
Type
Thèse: thèse de doctorat.
Collection
Publications
Titre
Négocier l'accès, la propriété et l'autorité publique en marge de la ville. Enjeux fonciers à Niamey et production d'Etat au Niger
Auteur(s)
Meyer Ursula
Directeur(s)
Veron René
Institution
Université de Lausanne, Faculté des géosciences et de l'environnement
Adresse
Faculté des géosciences et de l'environnement
Université de Lausanne
CH-1015 Lausanne
SUISSE

Statut éditorial
Acceptée
Date de publication
2016
Langue
français
Résumé
La terre périurbaine dans les villes ouest-africaines en constante expansion se retrouve sous la forte pression de l'urbanisation. Elle représente un objet de tiraillements entre différents groupes d'acteurs qui revendiquent l'accès à ou la propriété de ces ressources foncières convoitées. Cette thèse analyse ces enjeux fonciers à Niamey sous un angle politique en interprétant accès et propriété comme des questions de pouvoir et d'autorité. L'analyse des dynamiques qui se déploient autour de l'accès et de la reconnaissance de la propriété de la terre périurbaine reflète alors de manière instructive les transformations socio-politiques et institutionnelles qu'a traversées le Niger depuis l'Indépendance. Dans de telles dynamiques et processus sont inévitablement impliquées des institutions diverses, qu'elles soient publiques ou privées, et qui cherchent toutes à ancrer leur autorité et à établir leur légitimité par la formulation et l'établissement de droits d'usage ou de propriété. Le foncier périurbain à Niamey peut alors être considéré dans nombreux cas comme un objet-témoin qui reflète l'évolution des institutions et de l'autorité publique, et les relations que celles-ci entretiennent avec les citadins devenus de plus en plus explicitement des citoyens conscients de leurs droits démocratiques.
Ces transformations ne se font pas sans frictions, contestations, et conflits. Sont alors analysées trois situations et sites à l'ancienne et à l'actuelle périphérie urbaine de Niamey. En premier lieu, ce travail étudie un espace vert planté d'arbres dans les premières années après l'Indépendance par des régimes autoritaires sans considération des droits coutumiers. En suivant l'établissement d'espaces verts urbains par la plantation d'arbres et les mutations du service forestier dans une perspective historique, cette première analyse conceptualise l'espace vert comme une arène où se déploient des tentatives de légitimation et d'enracinement d'un Etat en devenir. Ce même espace fait l'objet d'une deuxième analyse, cette fois-ci contemporaine, en étudiant les revendications de reconnaissance de droits coutumiers, de processus de formalisation de ces droits et d'institutionnalisation de la citoyenneté dans un contexte reformulé de démocratisation. La troisième analyse s'intéresse aux périphéries nouvelles et aux processus de lotissement par différents acteurs publics et privés. La production de parcelles urbaines est interprétée sous l'aspect d'une territorialisation à l'échelle de la ville et d'une prise de contrôle des terrains de la future-extension de la capitale par des acteurs économiques parfois plus puissants que l'Etat.
Ces résultats issus d'une enquête de terrain de style socio-anthropologique de durée prolongée, suggèrent que les périphéries urbaines constituent des espaces d'expérimentation, de configuration et de reconfiguration de pouvoirs coutumiers, politiques, et économiques. Elles représentent une interface privilégiée dans laquelle les positions d'autorité et de légitimité se négocient constamment et où une citoyenneté différenciée se cristallise lentement dans la Confrontation d'une multitude d'enjeux et d'aspirations, de défis et de besoins. La panoplie de formes d'échanges productifs entre l'espace, l'autorité et la citoyenneté, dans le contexte général d'un Etat démocratique en devenir, permet d'interpréter la confluence de phénomènes d'actualités dans un sens productif et comprchensif comme des négociations d'étaticité et de processus de production et de formation d'Etat au niveau local.
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Periurban land in fast growing west-African cities is under strong urbanisation pressure. Such type of land represents an object that différent actor groups are striving to obtain access to and property rights over. This thesis analyses these land issues at the urban margins of Niamey with regard to local politics, and interprets land access and property rights as issues of power and authority. The analysis of the dynamics around access to and récognition of property rights for periurban land mirrors the socio-political and institutional transformations the country went through during the last decades since Independence. Multiple institutions, from within the wide range between public and private, are involved in such dynamics, seeking to anchor their authority and to establish legitimacy through granting user rights and recognising property claims. Periurban land in Niamey can thus figure as a showcase that reflects the évolution of institutions and public authority, and the relationship between these with city residents who over time have become citizens with a consciousness for démocratie rights.
These transformations are not occurring without frictions, contestations, and conflict. In the empirical part of this thesis, three cases at the former or the contemporary urban periphery of Niamey are analysed. The first site represents a green belt planted during the first decades after Independence by authoritarian regimes without considération of the customary land rights of local farmers. By analysing the establishment of green spaces through tree plantation in urban areas and the transformations of forestry services, these places are conceptualized as political arenas through whicb légitimation practices and stratégies of inscribing authority into space by a State in formation become evident. The second analytical spothght is directed on the contemporary local poHtics around that same green belt where claims for récognition of customary rights, land rights formalisation processes, and the resulting institutionalisation of citizenship in a reformulated context of démocratisation, are studied. Lastiy, the analysis turns its attention to the new urban périphéries and the processes of zoning by powerful private actors. The production of urban land plots is then mterpreted as territorialisation at the scale of the city where control over the spaces of future extensions of the capital contributes to local processes of authority formation.
The empirical results that reflect extensive ethnographie field research in Niamey suggest that urban peripheries represent spaces of political expérimentation, configuration, and reconfiguration of various power pôles, customary authorities, central or local political institutions, and economic key-players. These spaces prove to be privileged arenas where positions of authority and legitimacy are constantly renegotiated, and where differentiated forms of citizenship crystalize in the confluence of aspirations, stratégies, needs and political challenges. I he panoply of forms of productive excliange between space, authority, and citizenship in the context of a démocratie State m the making, allows for a comprehensive and productive interprétation of contemporary struggîes over periurban land as more broadly reflecting negotiations over statehood, and contributing to State making processes at the local level.
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Landflàchen am Stadtrand von expandierenden west-afrikanischen Stâdten stehen durch die Urbanisierung unter starkem Druck. Um diese Zonen ringen diverse Gruppen von Akteuren, die aile einen Zugang zur Nutzung oder zu Besitzerrechten dieser Landressourcen anstreben. Die vorliegende Dissertation analysiert solche Landkonflikte in Niamey, Niger, unter politischen Gesichtspunkten und interpretiert dieses Streben nach Zugangs- und Besitzerrechten als Ringen um Macht und Autoritât. Es wird argumentiert, dass die Dynamik um Anerkennung von Landrechten unterschiedlicher Art als Spiegel verstanden werden kann, der sozio-politische und institutionelle Transformationen abbildet, die das Land Niger seit seiner politischen Unabhàngigkeit durchlaufen hat. Solche ôffentlichen und politischen Institutionen sind per Définition in Prozesse und Vorgànge rund um Forderungen von Anerkennung von Landrechten involviert. Fur diese Instanzen bedeutet die Formalisierung und Anerkennung von Rechten zugleich eine Môglichkeit, ihre eigene Legitimitàt und institutionelle Autoritât zu festigen. Die Analyse von Konflikten um Landflàchen am Stadtrand von Niamey kann demnach in vielen Fàllen als Prisma gehandhabt werden anhand dessen sich der Wandel lokaler Institutionen und ôffentlicher Autoritât ablesen làsst. Des Weiteren ermôglichen diese Analysen ein Verstàndnis dafiir, wie sich das Verhâltnis staatlicher Institutionen zur Bevôlkerung veràndert hat, die iiber die letzten fiinf Jahrzehnte ein Bewusstsein fur demokratische Burgerrechte und politische Forderungen entwickelt hat.
Diese Verànderungen gehen aber nicht ohne Reibungen, Konflikte und Konfrontationen von statten. Es werden in dieser Untersuchung drei Konfliktsituationen beschrieben und analysiert, die sich aile in der fruheren oder der aktuellen Peripherie der Stadt Niamey abspielen. Eine erste Analyse beschâftigt sich mit stàdtischen Grunflâchen und Baumpflanzungen, die vor und nach der Unabhàngigkeit von autoritàren Regierungen installiert wurden ohne traditionelle Gewohnheitsrechte zu berucksichtigen. Daran làsst sich aufzeigen, wie diese Griinflàchen als Arena dienten, um Legitimitàtsanspriiche eines jungen postkolonialen Staates zu materialisieren. Eine dieser Griinflàchen, die Ceinture Verte de Niamey, wird in der zweiten Analyse unter heutigen Gesichtspunkten auf die lokalpolitischen Implikationen hin analysiert. Aus den heutigen Forderungen von Landbesitzern nach Riickgabe dieser Flàche und aus den daraus folgenden Formalisierungsprozessen resultiert eine Art lokaler Institutionalisierung, die politische Subjekte und Institutionen gleichermassen befôrdert. Die dritte Analyse wendet sich den gegenwàrtigen Stadtràndern zu und untersucht die Prozesse rund um Parzellierung und Landverkauf durch staatliche und private Akteure. Die massive Generierung von Bauparzellen am Stadtrand wird interpretiert als Territorialisierung auf lokaler Ebene, mittels derer wirtschaftlich starke Akteure Kontrolle iiber den Raum der zukiinftigen Stadtflàche fur sich beanspruchen und dabei staatliche Institutionen oft in zweitranginge Positionen verweisen.
Die durch eingehende ethnographische Feldforschung generierten Resultate zeigen, dass periurbane Zonen Ràume darstellen, die politisches Experimentieren, Neudefinieren und Aushandeln von Autoritât und Einfluss zwischen zivilgesellschaftlichen, wirtschaftiichen und politischen Polen ermôglichen. In diesen sowohl materiell als auch institutionell peripheren Ràumen sind gesellschaftliche Positionen, Autoritàten und Identitàten oft nicht bereits gefestigt, sondem werden kontinuierlich in Frage gestellt, neu definiert und trans fermier t. Die Vielschichtigkeit und Komplexitàt von sich gegenseitig konstituierenden Beziehungen zwischen Raum, Institutionen und politischen Identitàten im Kontext eines Demokratisierungsprozesses erlaubt es uns, die zahlreichen Strànge der alltagspolitischen Dimensionen rund um Zugang zu Land am Stadtrand von Niamey als staatsbildende Prozesse auf lokaler Ebene und als Aushandeln von Staatlichkeit zu verstehen.
Création de la notice
02/02/2017 13:04
Dernière modification de la notice
13/05/2019 11:41
Données d'usage