« Tout est lié » Ethnographie d'un réseau d'intellectuels engagés de l'écologie (France-Suisse) : de l'effondrement systémique à l'écospiritualité holiste et moniste

Détails

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ID Serval
serval:BIB_1784208FEA8D
Type
Thèse: thèse de doctorat.
Collection
Publications
Titre
« Tout est lié » Ethnographie d'un réseau d'intellectuels engagés de l'écologie (France-Suisse) : de l'effondrement systémique à l'écospiritualité holiste et moniste
Auteur(s)
Chamel Jean
Directeur(s)
Rousseleau Raphaël
Codirecteur(s)
Droz Yvan
Détails de l'institution
Université de Lausanne, Faculté de théologie et de sciences des religions
Adresse
Faculté de théologie et de sciences des religions
Université de Lausanne
CH-1015 Lausanne
SUISSE

Statut éditorial
Acceptée
Date de publication
2018
Langue
français
Résumé
Quel est le monde des écologistes ? Cette thèse cherche à dépasser les explications réduisant leur engagement à de simples stratégies sociales en plongeant dans les représentations d'un réseau informel d'écologistes vivant en France et en Suisse qui ont la particularité d'être des producteurs de discours publics, à travers tous types de médias, ce qui en fait des intellectuels engagés de l'écologie (Chapitre II). L'analyse de leurs discours, mais aussi de leurs pratiques, met en évidence la thématique fondatrice de l'effondrement, celui de la « civilisation thermo-industrielle », dans un processus de « prise de conscience ». Par-delà les bases scientifiques avancées pour la légitimer, la perspective catastrophiste est révélatrice d'une quête d'alternative vis-à-vis du « paradigme » moderne ramené au dualisme mécaniste et à l'économie capitaliste (Chapitre III). Cette écologie relationnelle s'inspire par conséquent des courants de l'écologie profonde, de l'écopsychologie, ainsi que de l'hypothèse Gaïa. À une vision holiste en lien avec une approche systémique de l'effondrement, elle mêle une perspective moniste par la perception organiciste d'un monde vivant composé d'êtres unis par des relations d'interdépendance et de correspondance (Chapitre IV). Le Soi est alors en liaison intime avec le Tout, et cette écosophie s'actualise parfois par une relation écospirituelle à travers la méditation, des exercices ou des rituels tels que ceux proposés par les ateliers de « Travail qui relie » (Chapitre V). Cette médiation peut aussi se faire par des pratiques quotidiennes d'insertion dans la « toile de la vie » tel que le compostage (Chapitre VIII). Le « changement de paradigme », passage d'un monde à l'autre, est ainsi attendu et espéré et cette apocalyptique écologique fait souvent écho au millénarisme du New Age, ainsi qu'aux aspects contre-culturels de ce courant. La dénonciation de l'anthropocentrisme et le holisme affiché de l'écospiritualité peuvent aussi donner lieu à des accusations d'antihumanisme et de liens avec l'extrême-droite que cette thèse examine (Chapitre VI). Les variations de positions exprimées au sein du réseau d'écologie relationnelle permettent enfin de les comprendre comme s'articulant autour d'un pôle écocentrique, dans une relation d'attraction/répulsion avec les autres pôles théocentrique et anthropocentrique. En prenant les acteurs au sérieux, ce travail propose une compréhension approfondie des logiques des écologistes catastrophistes et spirituels, par-delà l'objectivité supposée des crises environnementales.
Création de la notice
04/09/2018 8:27
Dernière modification de la notice
20/08/2019 12:47
Données d'usage