Etude du co-sleeping chez les enfants en âge scolaire atteints de handicap moteur

Détails

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ID Serval
serval:BIB_D3A3DFC6B74A
Type
Thèse: thèse de doctorat.
Collection
Publications
Institution
Titre
Etude du co-sleeping chez les enfants en âge scolaire atteints de handicap moteur
Auteur(s)
JACQUIER David
Directeur(s)
Newman Christopher John
Détails de l'institution
Université de Lausanne, Faculté de biologie et médecine
Adresse
Faculté de biologie et de médecine
Université de Lausanne
CH-1015 Lausanne
SUISSE

Statut éditorial
Acceptée
Date de publication
2017
Langue
français
Résumé
Le co-sleeping, ou cododo en français, signifie habituellement qu'un parent dort avec son enfant dans le même espace, en général le même lit. Il s'agit d'une pratique ancienne et répandue dans le monde entier, avec de grandes variations dans sa fréquence et son acceptation selon le contexte socio-culturel dans lequel évolue la famille. En Suisse, 20 à 40% des enfants sains entre 4 et 8 ans feraient du co- sleeping au moins une fois par semaine. Les quelques études existantes sur la pratique du co-sleeping chez les enfants avec handicap moteur (e.g. paralysie cérébrale, encéphalopathie, maladie neuromusculaire) décrivent des taux variant entre 20% et presque 80% de co-sleeping, avec des définitions de la fréquence, des populations et des pathologies différentes selon les travaux scientifiques. Nous avons donc désiré étudier le co-sleeping et ses déterminants parmi les familles d'enfants en âge scolaire atteints par un handicap moteur, et comparer les données avec celles d'un échantillon actuel d'enfants sains en âge scolaire.
Nous avons envoyé un questionnaire aux familles des enfants en âge scolaire de 4 à 18 ans avec handicap moteur suivis à notre consultation spécialisée de neuroréhabilitation pédiatrique (666 enfants), ainsi qu'à un échantillon représentatif d'enfants scolarisés en école publique dans le canton de Vaud (11'400 enfants). Les questions ont porté sur les aspects démographiques et médicaux des enfants, sur la pratique du co-sleeping, et sur la qualité du sommeil selon la version française de la Sleep Disturbance Scale for Children (SDSC), échelle largement utilisée et validée chez les enfants. La commission cantonale d'éthique a approuvé ce travail de recherche.
Nous avons collecté 245 réponses d'enfants avec handicap moteur, ce dernier étant majoritairement dû à une paralysie cérébrale, et 2891 d'enfants sains (taux respectif de réponse de 37% et 26%). Le co- sleeping régulier, i.e. au moins hebdomadaire, était plus fréquent chez les enfants avec handicap moteur que chez les enfants sains (respectivement 11.8% vs 7.7%, p=0.032). Après analyse logistique multivariée, les facteurs associés avec le co-sleeping chez les enfants avec handicap moteur étaient le jeune âge, le peuplement du logement, et les troubles sévères du sommeil. Deux-tiers des parents d'enfant avec handicap moteur recouraient au co-sleeping pour répondre à des besoins de soins de leur enfant, surtout en lien avec l'épilepsie, quand bien même la qualité du sommeil des parents s'en trouvait amoindrie. Un tiers des parents d'enfant avec handicap moteur rapportaient la crainte d'un événement indésirable durant la nuit comme explication du co-sleeping.
Le co-sleeping est donc fréquent chez les enfants avec handicap moteur, avec une pratique influencée par des facteurs personnels et médicaux. Le co-sleeping peut revêtir une fonction de soin pour le parent qui doit continuer à s'occuper des besoins particuliers de son enfant présentant un handicap moteur. Il est donc important pour les professionnels de la santé d'explorer le sommeil des enfants avec handicap moteur, non seulement en termes de qualité mais aussi sur les éventuels aménagements familiaux et questionnements parentaux.

Création de la notice
07/06/2017 11:33
Dernière modification de la notice
20/08/2019 15:53
Données d'usage