Translittérations féeriques au Moyen Âge : de Mélior à Mélusine, entre histoire et fiction

Détails

ID Serval
serval:BIB_D2BBCC9DDC81
Type
Article: article d'un périodique ou d'un magazine.
Collection
Publications
Institution
Titre
Translittérations féeriques au Moyen Âge : de Mélior à Mélusine, entre histoire et fiction
Périodique
Études de Lettres
Auteur(s)
Mühlethaler J.-C.
ISSN
0014-2026
Statut éditorial
Publié
Date de publication
2011
Numéro
289
Pages
167-190
Langue
français
Notes
Edité par Hennard Dutheil de la Rochère M. et Dasen V.
Résumé
Déjà le récit de Cupidon et Psyché dans l'Asinus aureus pose le problème du genre de cette histoire enchâssée, racontée par une vieille - est-ce un mythe ou une fable philosophique ? - et, par voie de conséquence, celui du statut même des dieux qui y interviennent. Qu'on voie dans Partenopeu de Blois un lointain avatar du récit d'Apulée, dans lequel la fée se substitue à Cupidon, ou qu'on le rattache au folklore (celtique), la question est sensiblement la même au XIIe siècle : les auteurs médiévaux croyaient-ils aux « êtres faés » ou ceux-ci étaient-ils à leurs yeux les acteurs imposés par le choix d'un certain univers fictionnel ? Si la critique est fondamentalement d'accord pour parler d'une « rationalisation » ou d'une « moralisation » de la fée, la démarche par laquelle l'écrivain médiéval adapte et actualise le matériau issu d'une tradition est susceptible de subtiles variations : la « réécriture » est chaque fois tributaire du projet d'écriture respectif, qu'il s'agisse de Partenopeu de Blois ou du lai de Guigemar de Marie de France. Au-delà du statut de la fée et de l'altérité qu'elle représente, c'est le statut même de la femme et du héros qui sont en cause, leur place et leur fonction au sein de la société féodale. La « translittération » de parcours narratifs stéréotypés, voire universaux, n'a ici rien à voir avec la récupération politique du folklore, transmis par voie orale, à laquelle s'attelle, quelque deux siècles plus tard, Jean d'Arras dans sa Mélusine : il extrait la légende de la fée poitevine du domaine de la fabula en inscrivant la merveille dans l'histoire, la région et l'expérience vécue pour légitimer les droits du duc de Berry sur Lusignan.
Création de la notice
26/03/2012 16:13
Dernière modification de la notice
20/08/2019 15:52
Données d'usage