Mise en évidence des différentes barrières et facilitateurs de l’accès aux soins en médecine de premier recours par les personnes trans*

Détails

Ressource 1 Sous embargo indéterminé.
Etat: Public
Version: Après imprimatur
Licence: Non spécifiée
ID Serval
serval:BIB_8D7AE58813B6
Type
Mémoire
Sous-type
(Mémoire de) maîtrise (master)
Collection
Publications
Institution
Titre
Mise en évidence des différentes barrières et facilitateurs de l’accès aux soins en médecine de premier recours par les personnes trans*
Auteur(s)
ANDLER M.
Directeur(s)
CLAIR C.
Codirecteur(s)
SCHWARZ J., VOLKMAR E.
Détails de l'institution
Université de Lausanne, Faculté de biologie et médecine
Statut éditorial
Acceptée
Date de publication
2019
Langue
français
Nombre de pages
41
Résumé
Les personnes trans* font partie d’une population à risque en santé, à la fois par leur invisibilité épidémiologique mais également par la discrimination qu’elles subissent de la part de la société et du monde médical. L’accès à des soins spécifiques est un long parcours mais finalement, si l’on en croit la littérature, l’accès à des soins de premier recours n’est pas sans encombre non plus. Différentes barrières se dressent sur leur chemin : une société peu informée, peu de signes d’ouverture et beaucoup de lacunes de la part du personnel de santé avec comme conséquences une méfiance et une diminution de l’utilisation des services de soins et une mise en danger de leur santé. Mais qu’en est-il de la situation en Suisse ?
Je me suis intéressée aux différentes barrières et facilitateurs de l’accès aux soins de premier recours pour les personnes trans*, en Suisse, dans le canton de Vaud. Mon objectif était de pouvoir comprendre les déterminants de l’accès aux soins afin de garantir une meilleure prise en charge de ces personnes et par la suite, connaître les points sur lesquels insister afin d’y sensibiliser les (futur.e.s) professionnel.le.s de la santé.
Nous avons exploré les parcours et opinions de trois personnes trans* d’identité de genre, d’âge et de phase de transition différent.e.s. Au travers de trois entretiens semi-structurés, nous avons découvert une série de déterminants de l’accès aux soins, la majorité rejoignant la littérature mais avec pour certains un peu de nuance. Dans l’ensemble, les participant.e.s estimaient avoir un accès aux soins correct, le plus dérangeant était plutôt le vécu de ces soins. On a noté l’importance du premier contact qui est un point clé car il donne la première impression et peut déterminer le déroulement du reste de la consultation voire du suivi ou de son absence. On a pu remarquer une insistance particulière sur le mégenrage qui était spécialement mal vécu, considéré comme un manque de respect et une non-reconnaissance de la personne. Le mégenrage est d’autant plus insupportable lors de la présence de témoins, proches ou inconnus, cela donne une impression de retour en arrière pour les proches et induit à la personne trans* une peur de la réaction des inconnus. Les participant.e.s ont également fait ressortir le fait que les médecins ont un manque de connaissances et d’expérience vis-à-vis des personnes trans*, cela peut nuire d’une part à leur prise en charge car ils risquent d’omettre certains points importants et d’autre part au lien soignant.e – patient.e car ces lacunes peuvent amener une méfiance de la part du.de la patient.e sur les capacités de son.sa médecin. Les participant.e.s ont pu partager leurs expériences face à la discrimination, de par la vision binaire de la société, mais également du monde médical, qui base le genre sur le sexe biologique et fait fréquemment des liens qui n’ont pas lieu d’être. De plus, la transidentité reste encore abstraite pour beaucoup de médecins et il leur est parfois difficile de prendre conscience de son importance, avec une tendance à banaliser ce ressenti face à une pathologie somatique plus concrète et objectivable. Notons également que la transidentité reste un diagnostic psychiatrique, malgré la volonté des organismes de santé de trouver une définition plus correcte. Un diagnostic psychiatrique reste lourd à porter, cependant les participant.e.s l’acceptent car il leur permet une reconnaissance « officielle » et l’accès à un processus de transition. Il reste également indispensable aux différentes procédures administratives, longues et contraignantes, leur permettant de changer leur nom et genre sur leurs documents d’identité.
Tous ces déterminants nous ont été présentés comme des freins à l’accès aux soins, cependant tout dépend de l’usage que l’on en fait. Ce qui est ressorti de ces entretiens est que malgré les lacunes du personnel médical, le manque d’expérience et les erreurs qui peuvent être commises parfois, le plus important reste avant tout l’attitude de ces soignant.e.s face aux personnes trans*. Nous avons noté une grande importance des personnes ressources et du réseau de soin car dès le moment où l’on se comporte avec respect, bienveillance et humanité, c’est tout ce qui compte et c’est ce que les personnes retiennent.
Mots-clé
Trans, LGBT, accès aux soins, premier recours, médecine générale
Création de la notice
03/09/2020 17:13
Dernière modification de la notice
01/10/2020 6:26
Données d'usage