Alcool et tentatives de suicide chez les jeunes hommes suisses

Détails

Ressource 1 Sous embargo indéterminé.
Etat: Public
Version: Après imprimatur
Licence: Non spécifiée
ID Serval
serval:BIB_4AA22FF94E4B
Type
Mémoire
Sous-type
(Mémoire de) maîtrise (master)
Collection
Publications
Institution
Titre
Alcool et tentatives de suicide chez les jeunes hommes suisses
Auteur(s)
MOALIC A.
Directeur(s)
GMEL G.
Détails de l'institution
Université de Lausanne, Faculté de biologie et médecine
Statut éditorial
Acceptée
Date de publication
2019
Langue
français
Nombre de pages
31
Résumé
Objectif : Cette étude a pour objectif de déterminer dans quelles mesures l’abus d’une substance telle que l’alcool et ses différents types de consommation peuvent avoir un impact sur le développement d’idéations suicidaires et sur la pratique des tentatives de suicide chez les jeunes hommes suisses. L’étude distinguera la consommation chronique à risque, l’alcoolisation pré-tentative de suicide, l’alcoolisation comme méthode létale lors du tentamen, ainsi qu’une consommation particulièrement présente chez les jeunes, à savoir le Binge drinking. Cette étude a également pour objectif d’explorer la fonction de l’absorption d’alcool lors de la tentative de suicide afin de déterminer si celle-ci joue plutôt un rôle facilitateur, un rôle de mécanisme de défense ou si elle joue plutôt un rôle de méthode létale. Enfin, le dernier objectif de cette étude est d’établir un lien entre les degrés de préméditation et de planification du suicide avec ces différents modèles de consommation d’alcool. Méthode : Cette étude est une étude transversale qui se base sur les données récoltées lors de la troisième vague de l’étude longitudinale C>Surf. Elle étudie une population de jeune hommes suisses (n=5516) (Moyenne âge = 25 ans) par le biais d’une auto-évaluation des participants au moyen d’un questionnaire auto-administré (Joint en annexe). Les mesures d’exposition concernent la consommation quotidienne moyenne d’alcool, la consommation excessive d’alcool ou binge drinking (6 verres ou plus lors d’une même occasion), la consommation d’alcool dans les six heures précédant le tentamen ainsi que la consommation d’alcool comme méthode létale lors du tentamen. Les résultats recherchés sont : la présence d’idéation suicidaire et de tentative de suicide au cours de la vie, le degré de planification et le temps de préméditation (temps entre idéation et passage à l’acte). Afin de dégager des tendances entre les mesures d’exposition et les résultats, cette étude repose sur des régressions logistiques entre ces différentes variables ainsi que l’étude du chi-carré (χ2) ; tout ceci est ajusté pour l’âge et la région linguistique des participants. Les interprétations des résultats ne sont pas uniquement réalisées sur la base de la significativé statistique, elles se font aussi sur la taille d’effet des coefficients de risque. Résultats : Les principaux résultats sont décrits ci-dessous. Tout d’abord, ils indiquent que la consommation d’alcool chronique à risque entraîne une augmentation du risque, non statistiquement significative (p-value>0,05), de développer des idées suicidaires chez les jeunes hommes suisses (AOR=1,25 , 95%CI : 0,89-1,78) (taille d’effet négligeable). Elle est aussi associée à une augmentation, non significative (p-value>0,05), du risque de faire une tentative de suicide (AOR=1,55, 95%CI : 0,71-3,42) (petite taille d’effet). Ces augmentations sont indépendantes de la présence d’une dépression. Ils indiquent également que la consommation d’alcool à faible risque est un facteur protecteur de faire une tentative de suicide (AOR=0,813 ; 95%CI : 0,430-1,537). Ensuite, les résultats indiquent que le binge drinking à un niveau au moins hebdomadaire est également un facteur de risque, répondant à un schéma dose-réponse, pour le développement d’une idéation suicidaire (AOR hebdomadaire=1,24 ; 95%CI : 0,98-1,56 et AOR quotidien =1.52 ; 95%CI : 0,82-2,80). Ce facteur de risque est également indépendant de la présence d’une dépression. En revanche, les épisodes de binge drinking effectués à une fréquence hebdomadairement ou moins sont des facteurs protecteurs pour les tentatives de suicide avec des AOR inférieurs à 1. (Par exemple AOR Hebdomadaire=0,84 ; 95%CI : 0,47-1,49). En revanche le binge drinking quotidien est un facteur de risque pour les tentatives de suicide (AOR quotidien=2,56 ; 95%CI : 0,86-7,61) (petite taille d’effet). Les résultats montrent que la consommation chronique, le binge drinking, la consommation d’alcool dans les six heures pré-tentamen et que l’absorption d’alcool comme méthode létale sont associés à une plus grande planification du geste suicidaire. Concernant le temps de préméditation, les résultats révèlent que l’alcoolisation comme méthode est associée à une plus courte période de préméditation (<24h) et qu’à l’inverse l’alcoolisation pour une autre raison est associée à un temps de préméditation supérieur (>24h). Conclusion : Cette étude révèle que toutes les consommations d’alcool évoquées précédemment sont associées à une augmentation non significative du risque de développer des idées suicidaires et d’avoir recours aux tentatives de suicide. Concernant ce dernier point, le binge drinking pratiqué hebdomadairement ou moins et la consommation d’alcool à faible risque sont, à l’inverse des autres consommations, associés à une diminution non significative du risque de faire un tentamen. Toutes les consommations d’alcool sont associées à une augmentation de la planification des tentatives de suicide. L’utilisation d’alcool comme méthode est associée à des tentatives au moins un peu planifiées avec des temps de préméditation assez courts. Pour finir, ce travail montre que la prise d’alcool au moment de la tentative de suicide n’est majoritairement pas utilisée pour faciliter le passage à l’acte mais est principalement utilisée comme stratégie de coping.
Mots-clé
Abus d’alcool, Idées suicidaires, Tentamens/tentatives de suicide, C-Surf, dépression
Création de la notice
03/09/2020 17:17
Dernière modification de la notice
04/02/2021 7:26
Données d'usage