La ricezione di Odisseo e di Omero presso Giovanni Tzetze e Eustazio di Tessalonica

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Serval ID
serval:BIB_5BD2C8BBBBBF
Type
PhD thesis: a PhD thesis.
Collection
Publications
Institution
Title
La ricezione di Odisseo e di Omero presso Giovanni Tzetze e Eustazio di Tessalonica
Author(s)
Lovato Valeria Flavia
Director(s)
Bouvier David, Braccini  Tommaso
Institution details
Université de Lausanne, Faculté des lettres
Address
Faculté des lettres
Université de Lausanne
CH-1015 Lausanne
Publication state
Accepted
Issued date
2017
Language
italian
Abstract
Ce travail examine la réception du personnage d'Ulysse chez les principaux érudits byzantins du XIIe siècle, Jean Tzetzès et Eustathe de Thessalonique. L'analyse de la fortune littéraire du héros de VOdyssée est en effet un sujet très riche, qui permet non seulement d'approfondir la réception d'Homère à Byzance, mais aussi de jeter un regard sur la culture et la société de l'époque des Comnènes.
Même à une époque où Homère représentait un élément fondamental du cursus scolaire et de l'éducation de l'élite, ses poèmes pouvaient être perçus et interprétés de manière très variée selon les auteurs. Si, chez Eustathe, Ulysse et ses mensonges vraisemblables représentent la définition même de l'admirable art homérique et de ses mythes plausibles, selon Tzetzès la prédilection d'Homère pour le fils de Laërte démontre la mauvaise foi du poète, qui consacre une œuvre entière aux louanges d'un personnage inutile, traître et mensonger.
-, De plus, si Homère se reflète dans l'image d'Ulysse et vice versa, de la même manière l'exégète, qui avec Homère dialogue et rivalise, peut à son tour se présenter comme un nouvel Ulysse ou comme son pire ennemi. Dans les Parekbolai d'Eustathe, en effet, le héros ne représente plus seulement l'alter ego du poète, mais il finit par devenir le symbole de l'exégète. Au contraire, Tzetzès se présente comme l'incarnation du vrai protagoniste de la guerre de Troie, c'est-à-dire Palamède, le héros savant qui aurait été tué par Ulysse et entièrement négligé par Homère.
Cette tendance à s'identifier aux personnages de la légende troyenne, ainsi que l'intérêt que les deux érudits portent à l'a figure d'Ulysse, démontrent que, dans la Byzance des Comnènes, la réflexion sur les -poèmes homériques ne concernait pas une tradition littéraire perçue comme appartenant à un passé lointain et i n acce s s ible .Ton Lcomm e ses héros, Homère était profondément enraciné dans le présent ; ainsi, la différente réception dé ses œuvres était strictement liée à la manière dont chaque érudit concevait son propre rôle en tant qu'exégète, intellectuel et rhéteur.
En effet, dans les Parekbolai d'Eustathe, Ulysse ne représente pas seulement l'alter ego du poète, mais devient au fur et à mesure le symbole d'une nouvelle éloquence et d'un différent modèle de rhéteur qui était en train de s'affirmer dans les milieux littéraires de la capitale. En justifiant les mensonges vraisemblables d'Ulysse et d'Homère, Eustathe semble promouvoir une nouvelle sensibilité littéraire, qui visait de plus en plus à l'amusement du public grâce au charme engendré par le recours au mythe et à la fiction.
Chez Tzetzès, par contre, les mensonges d'Ulysse représentent l'hypocrisie des intellectuels malhonnêtes et incompétents. Tzetzès, nouveau Palamède, s'engage à combattre les mensonges de ces faux savants, qui, tout comme Ulysse, obtiennent une gloire imméritée au détriment des vrais sophoi. Dans ce cadre, Homère, qui est le principal responsable du succès d'Ulysse, symbolise un modèle de rhéteur dont Tzetzès admire le talent mais critique la mauvaise foi ; en particulier, l'érudit reproche au grand poète son goût pour une virtuosité qui vise à la beauté de la forme en négligeant la vérité des contenus.
À la même époque et dans le même environnement culturel, Homère et son alter ego Ulysse peuvent donc devenir le symbole de deux différentes conceptions de la littérature, de la rhétorique et du rôle de l'intellectuel. Si Eustathe semble promouvoir un modèle d'orateur et d'écrivain plus proche des goûts littéraires de l'époque, Tzetzès, tout en innovant dans d'autres domaines, propose un modèle depaideia plus traditionnelle, où le plaisir esthétique ne doit jamais triompher sur la crédibilité des contenus. Toutefois, ce cadre nécessairement schématique ne résume pas les subtiles nuances qui caractérisent l'image d'Homère et d'Ulysse chez les deux érudits byzantins. Malgré son mépris, Tzetzès ne peut s'empêcher d'admirer les indéniables qualités du rhéteur Homère, qui, tout en louant un personnage infâme comme Ulysse, le fait avec style et élégance. De l'autre côté, tout en présentant Ulysse et Homère comme les rhéteurs idéaux, Eustathe n'arrive pas à cacher sa perplexité face à leur goût pour le mythe et la fiction, qui peut devenir dangereux pour l'auditeur inexpérimenté. L'image d'Homère-Sirène qui ouvre les Parekbolai à l'Iliade semble vouloir prévenir le futur lecteur des poèmes : le charme de la voix poétique est indéniable, mais il ne faut jamais oublier que, après avoir écouté le chant harmonieux des Sirènes, Ulysse-exégète dut en payer le prix.
Create date
01/06/2017 12:10
Last modification date
20/08/2019 15:14
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