NEL RIVERBERO DI ROMA E DELL'ORIENTE : LA PRIMA ARTE MONUMENTALE CRISTIANA IN CAMPANIA (Napoli, Nola, Capua IV-VI secolo)

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Serval ID
serval:BIB_5760588BE194
Type
PhD thesis: a PhD thesis.
Collection
Publications
Institution
Title
NEL RIVERBERO DI ROMA E DELL'ORIENTE : LA PRIMA ARTE MONUMENTALE CRISTIANA IN CAMPANIA (Napoli, Nola, Capua IV-VI secolo)
Author(s)
Croci  Chiara
Director(s)
Romano Serena , Korol Dieter
Institution details
Université de Lausanne, Faculté des lettres
Address
Faculté des lettres
Université de Lausanne
CH-1015 Lausanne

Publication state
Accepted
Issued date
2016
Language
italian
Abstract
Célèbre pour ses peintures antiques, la Campania felix présente parmi Naples, Capoue, Nola, Carinola et Teano un patrimoine artistique paléochrétien de première importance, qui a toutefois été négligé par l'historiographie, penchée sur les monuments plus connus de Rome, Milan et Ravenne.
Cette recherche s'est donnée pour but d'étudier l'éclosion et les premiers développements des programmes figuratifs monumentaux chrétiens dans la région. L'analyse systématique des témoignages principaux (baptistère et catacombes de Naples, complexe de Cimitile près de Nola et de San Prisco près de Capoue) dans leur contexte d'origine a permis de remonter à un cercle de commanditaires très actif, composé par des figures de l'aristocratie sénatoriale. Sévère et Jean, évêques de Naples (363-410 et respectivement 413-32), Symmaque (deuxième quart du V siècle), évêque de Capoue, et l'ascète de Nola Paulin s'avèrent avoir été des figures décisives dans le tournant figuratif qui s'impose du lendemain de l'époque constantinienne à la chute de l'empire romain. Le premier chapitre, dédié aux entreprises de Sévère à Naples, débute avec un excursus sur la mosaïque absidale de la basilica severiana, qui introduit l'un des noyaux principaux de cette recherche : le baptistère de San Giovanni in Fonte. Alors que son exceptionnalité avait été reconnue dans les études du siècle passé, nombreuses questions, liées au contexte de fondation et à la relation entre le baptistère et les édifices voisins, demeuraient ouvertes. On a donc entrepris une étude globale et systématique du monument: grâce à l'analyse de la structure et de sa position au sein du quartier épiscopal, en particulier à travers la révision de la documentation des anciennes fouilles et des sources du haut moyen âge, il a été possible de déterminer que le baptistère dépendait de la première cathédrale constantinienne (S.Restituta). L'étude de l'iconographie, de la technique et du style des mosaïques a permis de reconnaître le cercle de Sévère à la base de la conception de l'œuvre et de confirmer ainsi une datation entre la fin du IV et le début du V siècle. Le programme décoratif du baptistère a conduit à aborder les majeures questions du tournant figuratif de l'antiquité tardive, et notamment la formation de cycles narratifs des deux testaments et l'affirmation d'une imagerie théophanique à l'échelle monumentale, à savoir les fils rouges de cette recherche. La présence de différents registres figuratifs au sein du programme a également permis d'expliquer la pluralité stylistique des mosaïques. L'activité évergetique de Sévère aboutit dans les premières étapes de la monumentalisation des nécropoles de Capodimonte, objet du deuxième chapitre. À sa sépulture est dû le développement d'une chambre sépulcrale avec des sujets iconographiques qui attestent ses origines sociales élevées et son lien avec l'influent évêque milanais Ambroise. A son successeur Jean se lie par contre le développement, engendré par la translatio du martyr Janvier, d'un des pôles majeurs des catacombes de Naples: l'ainsi dite Crypte des évêques. On a cherché à étudier la genèse du processus d'inhumations ad sanctos des figures de l'élite ecclésiastique dans celte chambre ainsi que les choix figuratifs effectués dans ce contexte. Les mosaïques des arcosolia de la crypte ont en effet permis d'aborder le problème de la naissance du portrait chrétien et de saisir en même temps les origines d'un discours de légitimation dynastique des évêques napolitains qui s'imposera dans les siècles suivants.
La question de la monumentalisation de zones liées au culte des martyrs, ainsi que le développement d'une production figurative dans ce contexte, introduit au problème des édifices bâtis autour du tombeau du martyr Felix à Cimitile. Les majeures transformations du site, entreprises autour de 400 par Paulin, ont donc fait l'objet du troisième chapitre. Alors que les principaux traits du complexe, aujourd'hui en ruine, étaient connus grâce aux recherches archéologiques des années '90 du XX siècle, dans ce travail on a cherché à reconstituer le projet figuratif pensé par le commanditaire et à déterminer son impact sur le domaine artistique et culturel de l'époque. Le panorama ressorti s'avère être tout à fait singulier : des hapax iconographiques, comme la représentation de la Trinité dans l'abside de la basilica nova, ont été savamment articulés à des tituli visant à expliquer et magnifier les images, en montrant en même temps l'extraordinaire bagage littéraire classique du commanditaire et de son entourage.
Le complexe de San Prisco, sur lequel porte le quatrième chapitre, peut être considéré dans une certaine mesure comme le pendant de celui de Cimitile. Dans celte recherche on s'est proposés de mettre en lumière le contexte de fondation du seul édifice restant: la chapelle de Santa Matrona. Celle-ci s'est avérée être le mausolée ad sanctos construit auprès d'un martyrium, duquel on connaissait jusqu'à présent uniquement des copies d'époque moderne des mosaïques. À travers des sources du XVII et du XVIII siècle et de la documentation d'archivé, on a pu reconnaître dans une structure encore en place les restes de ce martyrium, en reconstituer la forme originaire et la relation avec le tombeau du martyr. Fondé vraisemblablement par l'évêque Symmaque, le complexe de San Prisco se présente comme un rare témoignage restant de l'extraordinaire panorama artistique de Capoue paléochrétienne. L'étape de San Prisco achève un parcours dans lequel Capoue et Naples s'affichent comme les protagonistes qui, tout en gardant un contact avec Rome et l'Orient, ont élaboré des solides traditions locales en déclenchant des développements parfois autonomes. Cimitile, en raison de la singularité d'une commande dans laquelle l'on a pu investir des moyens illimités, s'avère être par contre à plusieurs égards un hapax.
L'étude du panorama artistique campanien de l'Antiquité Tardive, extrêmement riche et varié, a permis d'aborder les majeures questions touchant à la genèse de l'art monumental chrétien et de poser les bases pour reformuler ce domaine de recherche.
Create date
21/12/2016 13:23
Last modification date
20/08/2019 15:11
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