Utilisation des opiacés chez les patients en hémodialyse chronique

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State: Public
Version: After imprimatur
License: Not specified
Serval ID
serval:BIB_53DA08D5682B
Type
A Master's thesis.
Publication sub-type
Master (thesis) (master)
Collection
Publications
Institution
Title
Utilisation des opiacés chez les patients en hémodialyse chronique
Author(s)
HENNEBEL C.
Director(s)
BURNIER M.
Codirector(s)
PRUIJM M.
Institution details
Université de Lausanne, Faculté de biologie et médecine
Publication state
Accepted
Issued date
2019
Language
french
Number of pages
31
Abstract
I.1 Introduction et but du travail
L’hémodialyse (HD) est le moyen de traitement le plus fréquemment utilisé chez les patients en
insuffisance rénale terminale (IRT). Il s’agit d’un traitement lourd, imposant de multiples contraintes et
effets secondaires, dont des douleurs. Les causes de douleurs chez ces patients sont multiples et ces
dernières résistent souvent aux traitements antalgiques de palier I selon l’échelle d’emploi des
analgésiques de l’OMS. Bon nombre de patients recourent donc à des opiacés pour les soulager.
Toutefois, il n’existe à ce jour aucun protocole qui définisse comment prescrire de telles substances chez
ces patients. En effet, l’insuffisance rénale change drastiquement la pharmacocinétique de nombreux
médicaments, notamment des opiacés, et le risque d’accumulation de métabolites actifs s’en retrouve plus
élevé. L’hémodialyse quant à elle induit une élimination subite des molécules, qui peuvent alors s’avérer
inutiles, ou induire un effet rebond.
L’objectif de cette étude est d’établir un état des lieux de la situation actuelle concernant la prévalence de
l’utilisation des opiacés chez les patients en HD dans deux centres de dialyse lausannois.
I.2 Méthodologie
Il s’agit d’une étude rétrospective observationnelle basée sur l’étude de dossiers médicaux des patients en
HD chronique. Nous avons inclus 117 patients, dont 69 étaient suivis au CHUV et 48 à la Clinique Cécil,
chez qui une HD chronique était pratiquée depuis au minimum six mois. L’analyse des dossiers couvrait
la période de septembre 2017 à septembre 2018. Les données personnelles et médicales des sujets inclus
dans l’étude ont été recueillies dans leurs dossiers. Les informations recherchées concernaient la
prescription d’opiacés ainsi que d’autres antidouleurs durant les douze derniers mois, leur posologie, et le
type de molécules prescrites. D’autres paramètres ont également été relevés, tels que l’âge, le sexe,
l’origine du patient, les diagnostics primaires et secondaires, le type d’HD et sa durée, et le type de
douleurs subies (si mentionnées dans le dossier médical). Nous avons commencé par relever la prévalence
de l’utilisation d’opiacés dans l’ensemble des patients. Nous avons également différencié les patients
ayant consommé sporadiquement des opiacés durant la dernière année de ceux qui en consomment
chroniquement (depuis plus de trois mois, selon la définition de l’OMS). Puis nous avons analysé
séparément les groupes de patients des deux centres de dialyse afin de comparer les résultats. Nous avons
enfin effectué plusieurs analyses statistiques univariées puis multivariées dans le but de mettre en
évidence les facteurs corrélés à une prescription d’opiacés.
I.3 Résultats
Parmi les 117 patients inclus dans l’étude, une prescription d’opiacés se retrouvait chez 29.1% d’entre
eux. Dans 26.7% des cas, les opiacés étaient prescrits de manière chronique, correspondant à 7.7% de
tous les patients. Dans 73.5% des cas, les opiacés étaient prescrits pour une période de moins de 3 mois.
Le tramadol était la molécule la plus utilisée (12.8% de tous les patients, 44.1% des opiacés prescrits),
suivie de la buprénorphine (12% de tous les patients, 41% des opiacés de notre échantillon). Venaient
ensuite les patchs de fentanyl et le fentanyl sublingual (6% et 4.3% respectivement). Finalement, nous
avons également trouvé quelques patients recevant de la morphine (1.7%), de l’hydromorphone (0.85%)
et du tapentadol (0.85%). Parmi les 117 patients, aucun ne recevait de codéine, de méthadone ni
d’oxycodone.
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La dose équivalente de morphine moyenne était de 81.4 mg/jour (SD=77.4). L’équivalent de morphine
était de 142.2 mg/jour en moyenne (SD=104.3) pour les prescriptions chroniques et de 61.1 mg/jour
(SD= 55) pour les prescription aiguë.
Parmi les patients du centre de dialyse du CHUV, 39.1% ont consommé des opiacés durant la dernière
année. La dose équivalente de morphine moyenne était de 89.7 mg/jour (SD= 82.8). Au centre de dialyse
de la Clinique Cecil, 14.6% des patients ont reçu une prescription d’opiacés. La dose équivalente de
morphine était de 47.1 mg/jour en moyenne (SD=49.3).
I.4 Conclusions
Les résultats révèlent que près d’un tiers des patients en HD ont reçu une prescription pour un opiacé
durant l’année 2017-2018. Une différence significative dans la prescription des opiacés entre les centres
de dialyse académique et périphérique a été mise en évidence. Le nombre de médecins prescripteurs est
un élément qui permettrait d’expliquer en partie cette différence, ainsi que la sévérité des cas (d’après le
score de Charlson). Il conviendrait dorénavant d’être attentif au problème de la douleur en hémodialyse
afin d’assurer une meilleure prise en charge de celle-ci et permettre une meilleure qualité de vie pour les
patients par une prescription adéquate d’opiacés.
Keywords
Insuffisance rénale chronique, hémodialyse, douleur, antidouleurs, opiacés
Create date
03/09/2020 15:09
Last modification date
15/10/2020 6:26
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